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Tapisserie d'Aubusson, XXe siècle Un soleil, une lyre de flammes et des colombes

Un soleil à visage sur un ciel bleu, encadré de deux volutes de flammes qui dessinent une lyre, des colombes en vol et un fond noir semé d'étoiles. Il suffit de quelques secondes pour reconnaître l'univers de Jean PICART LE DOUX, l'un des peintres qui ont relancé la tapisserie d'Aubusson après la guerre.

Éric Benhamou, antiquaire

C'est moi qui réponds au téléphone, 7 jours sur 7. Éric Benhamou, antiquaire de père en fils.

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Tapisserie d'Aubusson de Jean Picart Le Doux vue en entier : soleil à visage au centre, volutes de flammes formant une lyre, colombes blanches sur fond noir étoilé
Centre de la tapisserie : disque solaire noir à visage souriant, couronne de rayons jaunes, ciel bleu piqué d'étoiles et colombe en vol
Centre de la tapisserie : disque solaire noir à visage souriant, couronne de rayons jaunes, ciel bleu piqué d'étoiles et colombe en vol
Colombe blanche et grise aux ailes déployées sur le fond noir semé d'étoiles et de points d'or, monogramme de l'atelier tissé dans l'angle
Colombe blanche et grise aux ailes déployées sur le fond noir semé d'étoiles et de points d'or, monogramme de l'atelier tissé dans l'angle
Signature JEAN PICART LE DOUX tissée en lettres claires dans la lisière basse, parmi les étoiles
Signature JEAN PICART LE DOUX tissée en lettres claires dans la lisière basse, parmi les étoiles

Le renouveau de la tapisserie d'Aubusson

Au début du XXe siècle, les ateliers d'Aubusson et de Felletin, dans la Creuse, se contentent souvent de copier des modèles anciens. Le renouveau vient des peintres. Autour de Jean LURÇAT, une génération d'artistes dessine des cartons pensés pour la laine : peu de couleurs, des aplats francs, des contrastes forts. En 1947, Jean PICART LE DOUX participe à la fondation de l'Association des peintres-cartonniers de tapisserie.

Le peintre ne tisse pas lui-même. Il dessine le carton, un modèle à taille réelle où chaque couleur est numérotée, et le lissier le traduit en laine dans un atelier. Chaque carton est tissé en un nombre limité d'exemplaires : c'est le tirage, qui compte dans l'estimation comme pour une gravure.

« Une tapisserie se retourne : au dos, le bolduc dit souvent tout ce qu'on cherche. » Éric Benhamou

Les motifs de Jean PICART LE DOUX

Jean PICART LE DOUX (1902-1982) a construit un vocabulaire reconnaissable entre tous : soleils à visage, oiseaux, étoiles, constellations, souvent sur un fond noir qui fait vibrer les jaunes et les blancs. Celle-ci en réunit l'essentiel. Le soleil occupe le centre, dans un panneau de ciel bleu. Les flammes, de part et d'autre, s'enroulent comme les montants d'une lyre, et des colombes traversent le fond étoilé.

Le noir n'est pas un fond neutre : c'est lui qui donne aux points d'or l'éclat d'un ciel de nuit. Dans un angle, un petit monogramme tissé signale l'atelier, et la signature de l'artiste court dans la lisière basse, en lettres claires.

Ce que je regarde pour estimer une tapisserie

Je retourne la tapisserie. Au dos, la plupart des tapisseries d'Aubusson du XXe siècle portent un bolduc, une étiquette de toile cousue qui indique le titre, l'artiste, l'atelier et le numéro du tirage, souvent avec la signature de l'artiste. Un bolduc conservé facilite beaucoup l'estimation. Son absence ne disqualifie pas une pièce, mais elle oblige à tout vérifier.

Je regarde ensuite l'état de la laine : les couleurs passées par le soleil, les trous de mites, les taches d'humidité. Une tapisserie qui a vécu dans un salon lumineux a souvent perdu ses rouges et ses jaunes du côté exposé. Le format compte aussi : une grande tapisserie, tissée en peu d'exemplaires, vaut davantage qu'un petit format très diffusé.

Les tapisseries se trouvent souvent dans les mêmes intérieurs que les tableaux : ma page d'estimation de tableaux anciens explique ce que je regarde sur une toile. Et les deux lampes posées devant celle-ci rappellent que je rachète aussi les objets d'Asie, comme cette paire de vases de Canton.

Les questions qu'on me pose

Comment savoir si ma tapisserie a été tissée à la main ?

Retournez-la. Une tapisserie tissée à la main montre au dos le même dessin qu'à l'endroit, avec des fils arrêtés aux changements de couleur. Une tapisserie mécanique a un revers régulier et différent. Le bolduc, quand il existe, confirme l'atelier.

Faut-il nettoyer une tapisserie avant de la vendre ?

Non. Un lavage mal fait fait dégorger les couleurs et rétrécir la laine. Dépoussiérez-la doucement, en aspirant à travers une gaze, et laissez-la telle quelle.

Une tapisserie sans bolduc a-t-elle de la valeur ?

Oui, si la signature et le style permettent de l'attribuer. Le bolduc facilite l'estimation, il ne la remplace pas.

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