Une silhouette plutôt qu'un pelage
Les animaliers du XIXe siècle, Barye ou Mène, détaillaient chaque muscle et chaque touffe de poil. L'Art déco fait l'inverse : il restitue le mouvement du fauve par sa silhouette. Ici, aucune moustache, aucune griffe, mais une échine en courbe continue de la nuque à la queue, et des pattes posées comme dans un pas de danse.
La patine verte, nuancée du bronze sombre au vert-de-gris, laisse voir le métal sur les arêtes les plus exposées. Le socle de marbre noir veiné de blanc accompagne la plupart des bronzes de cette période.

« Sur un bronze animalier, je regarde d'abord la ligne : un surmoulage la ramollit toujours. » Éric Benhamou
Georges Raoul GARREAU, sculpteur de fauves
Georges Raoul GARREAU (1885-1955) est un sculpteur animalier français dont les fauves, les cerfs et les oiseaux comptent parmi les bronzes Art déco les plus reconnaissables. Sa signature, « G. Garreau », est gravée ici près de la patte arrière.
La panthère en marche est l'un des sujets favoris des animaliers de l'entre-deux-guerres. Elle a été déclinée en plusieurs tailles et en différents métaux : la matière, la qualité de la fonte et la présence d'un cachet de fondeur font varier sensiblement la valeur d'un exemplaire à l'autre.
Ce que je regarde pour estimer un bronze animalier
La matière d'abord : bronze ou régule, cet alliage de zinc plus léger qui imite le bronze. Le poids, le son et la couleur du métal sous le socle suffisent souvent à trancher. Puis la fonte : des détails nets, une ligne tendue, une signature lisible. Un surmoulage, copie tirée d'un exemplaire existant, est un peu plus petit et toujours plus mou.
Je regarde enfin la patine, d'origine ou reprise, et le socle, d'origine ou rapporté. Un conseil : ne nettoyez jamais un bronze avec un produit ménager ou un abrasif. La patine fait partie de l'œuvre, et la décaper fait perdre une grande partie de la valeur ; un simple dépoussiérage au pinceau suffit. Ma page d'estimation de bronzes et de sculptures détaille ce que je rachète. La panthère a été photographiée au stand sur un bureau Art déco en ébène de Macassar : deux pièces de la même époque qui se répondent.





