La faïence de Satsuma
Satsuma est le nom d'une ancienne province du sud du Japon, sur l'île de Kyushu. On y produit depuis le XVIIe siècle une faïence à pâte crème, couverte d'une glaçure transparente finement craquelée. Au XIXe siècle, et surtout pendant l'ère Meiji (1868-1912), cette faïence devient l'un des grands succès de l'exportation japonaise, couverte d'émaux et d'or pour plaire au goût occidental.
Le nom recouvre pourtant des qualités très différentes. Les ateliers de Kyoto, d'Osaka ou de Yokohama ont décoré des pièces « Satsuma », du chef-d'œuvre d'atelier, peint à la loupe, à la production en série. C'est cet écart qu'il faut mesurer.

« Sur une lampe, je démonte la monture quand c'est possible : le perçage change la valeur d'un vase. » Éric Benhamou
Ce que je regarde sur le décor
La finesse des visages d'abord : sur une belle pièce, chaque personnage a ses traits, son expression, et les kimonos sont détaillés motif par motif. Sur une pièce courante, les visages se répètent et le dessin s'épaissit. Je regarde aussi l'or : appliqué en relief et finement ciselé, ou posé à plat et vite usé.
Puis le dessous, où se trouve souvent une marque peinte en caractères dorés, parfois accompagnée du blason du clan Shimazu, une croix dans un cercle. Ici, la marque reste à relever. Pour une autre porcelaine d'Asie à décor de personnages, voyez la paire de vases de Canton.
Un vase monté en lampe
Monter un vase en lampe était courant en Europe à la fin du XIXe siècle : une base, un col de bronze, une douille et un fil. La question décisive est le perçage. Un vase percé à sa base pour le passage du fil a perdu une partie de sa valeur de vase ; un vase dont la monture se contente de l'enserrer peut être rendu à son état d'origine.
Les montures elles-mêmes comptent : un bronze doré ajouré, bien ciselé, ajoute à l'ensemble. Et une paire vaut plus que deux lampes isolées. Pour une porcelaine ou une faïence d'Asie, ma page d'estimation de vases chinois et d'antiquités asiatiques explique ce que je rachète.





